La CGTT démarre ses activités… légales !

3 février 2011

Le comité exécutif de la CGTT a tenu le mardi 1er février 2011 une conférence de presse à Tunis au cours de laquelle a été annoncée le démarrage des activités de la nouvelle centrale syndicale : la Confédération Générale Tunisienne du Travail et la présentation de ses objectifs et son programme d’action

Plus d’une centaine de personnes représentants les militants et les militantes de la CGTT, les journalistes de différentes radios, chaines de télévision et des journaux, ainsi que des figures connues de la société civile tunisienne ont assisté à cette conférence de presse.

Les six membres du comité exécutif : Habib Guiza (secteur de chimie – Coordinateur), Mohamed Chakroun (secteur de la métallurgie), Sonia Jawadi (enseignement secondaire), Naceur Rdissi (secteur du pétrole), Jamel Mokadmi (bassin minier de Gafsa) et Lamia Ben Naceur (secteur de la poste) ont appelé à faire du 14 janvier une journée de fête nationale et de célébration de la Révolution Tunisienne.

Après le rappel des moments forts du processus de constitution de la nouvelle centrale syndicale entamé dès le 3 décembre 2006 à savoir : les discussions entre syndicalistes de différents secteurs, régions et générations ayant abouti à l’élaboration d’une « plateforme syndicale pour la refondation du mouvement syndical », renouant avec l’esprit de la première CGTT fondée par Mohamed Ali El-Hammi en 1924, signée par 500 syndicalistes ; la constitution des syndicats dans différents secteurs et différentes régions, les multiples entraves dressées par l’ancien régime pour empêcher la naissance de la nouvelle CGTT notamment par le refus d’accuser réception de la déclaration de constitution des syndicats de base et l’interdiction de la tenue de conférences de presse ; la plainte pour violation des droits syndicaux présentée par la CGTT au Bureau International du Travail en mai 2008, les tergiversations puis les manœuvres de la dictature de Ben Ali pour discréditer la CGTT (proposition de marchés de dupes : soutien de la candidature du dictateur pour 2014 contre autorisation, provocation de scissions); le camarade Habib Guiza, coordinateur de la CGTT, a insisté sur les principes fondateurs de l’action syndicale au premier desquels figure la rupture avec l’esprit de l’unicité et l’introduction du pluralisme, condition préalable du renouveau du syndicalisme tunisien. Un renouveau moderniste qui consacre l’autonomie réelle des organisations syndicales vis-à-vis du gouvernement et des partis politiques. Le syndicat doit constituer un contre pouvoir mais en aucun cas il est l’adversaire ou l’allié du gouvernement ou d’un parti politique qu’il soit au pouvoir ou dans l’opposition.

Pour la CGTT il s’agit donc plus d’introduire une conception différente, inédite du syndicalisme que de multiplier par deux le nombre de syndicats dans notre pays. La CGTT adopte le modèle confédéral consacrant l’autonomie des fédérations sectorielles dans la gestion des affaires syndicales y compris le droit de grève, ainsi que le principe de l’alternance par la limitation des mandats. Au niveau des instances dirigeantes, le bureau exécutif émane de la commission administrative issue elle-même du congrès. Au-delà du secteur traditionnel de la fonction publique, la CGTT a l’intention d’investir le secteur privé et d’assurer une meilleure représentativité des femmes et des jeunes au niveau de toutes les instances syndicales en inventant des nouvelles formes d’organisation.

Les sources de financement de la CGTT sont les cotisations de ses adhérents en insistant sur le principe de volontariat.

La CGTT se propose d’être une véritable force de proposition sociale et un acteur actant dans tous les domaines d’activité tout en conservant sa vocation de syndicat revendicatif. Pour ce faire elle s’appuie sur de multiples réseaux de compétences tunisiennes et internationales.

La nouvelle centrale syndicale envisage ses rapports avec l’UGTT sur la base de deux principes : unité d’action au profit des travailleurs, respect et reconnaissance mutuels.

Elle appelle à un véritable dialogue social en rupture avec les pratiques bureaucratiques qui ont prévalu jusqu’ici et revendique un rôle actif des syndicats dans la gestion de la transition démocratique vers une nouvelle République démocratique.


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